Au début, avant que je mette les pieds dans ce monde ou la performance se mesure au quotidien, ou la pression constante ne diminue jamais, ou la moindre erreure peut être fatale par moment, j'étais moi aussi pavé de bonnes intentions. Vous raconter presqu'au quotidien mes nombreuses aventures, parler un peu de moi, vous laisser savoir ce qui va et va moins bien. Je me rend compte que le challenge est énorme. Accomplir mes tâches et écrire en même temps ce qui me passe par la tête est parfois le choix entre avoir quelques heures de sommeil ou prendre ce temps pour écrire.
L'internet est aussi déficient par endroit. Les frustrations sont énormes pour certains, et pour moi aussi. Je ne passe pas tout mon TAV sur le gros camp. Je suis principalement "Outside the wire" et pas nécessairement mécontent pour autant. Mon problème c'est que parfois, si je veux transmettre, je le fais à partir d'un système BGAN, internet satellite qui va à 32 kbs. Pour ceux que ça ne dit rien, c'est plus lent que les premières années d'internet alors que nous avions des modems à 128 kbs. Mettons que...
La mission en Afghanistan est une mission que l’on dit interarmées. C’est à dire que les membres des trois éléments Armée, Marine, Aviation travaillent conjointement en opération.La réalité, c’est que si tu n’est pas dans l’armée, tu n’es pas un vrai. Moi mon métier, que je le veuille ou non, est un métier de l’aviation. Quelle que soit la base, l’endroit, la situation, je reste un gars de l’Air Force...même si je n’ai jamais mis les pieds sur une base de l’aviation.
Les gars de l’armée ont toujours été jaloux de l’aviation. La notion d’hotel et de voiture de location comme concept d’exercie n’est pas très loin de la réalité qui ne fait qu’augmenter cette notion de laxisme et de bien-être de mon élément. Pour les durs de durs, les gros toff de l’armée, on aime bien dénigrer l’aviation. On peut pas en faire de même pour la marine, ils n’ont même pas assez de bateaux pour remplir la marina de Boucherville.
Ce qui a d’étonnant par contre, c’est combien chaque fois qu’un hélicoptère ou un jet passe au dessus d’un campement, tout le monde...
C’est la course folle, encore. Notre horaire chargé nous permet de nous rendre au Camp Hero, le campement principal de l’Armée Nationale Afghane. Parfois certaines occasions nous permettent de voir pleins de choses nouvelles. C’est un peu le cas pour mes deux collègues avec moi. Malgré leur présence il y a quelques années, un à Kabul et l’autre ici mais en 2002, tout leur semble nouveau. Moi je regarde ces activités avec peu d’excitation. Le déjà-vu est très présent. On dirait que je commence à manquer de challenge et d’intérêt pour cet endroit. Je crois que je suis rendu à faire un peu le fonctionnaire. Je shoot parce que c’est mon travail. Je crois que mon boss serait un peu déçu de savoir que ma motivation est plutôt limitée, mais cela n’affecte en rien ma performance ni mon rendement.
La course, c’est surtout à cause d’un horaire serré ou nous n’avons que quelques heures pour couvrir deux histoires et renconter le Brigadier-général Basir de l’Armée Afghane. Je déteste me faire rusher lorsqu’il est temps de prendre du vidéo. C’est assez compliqé de prendre les shots nécessaires à la composition d’une bonne histoire. Je me sens pressé constemment. Qu’il s’agisse...
C’est difficile de prévoir toutes les opportunités qui pourraient se présenter à moi lorsque je me déploie. J’essaye d’évaluer les besoins, de comprendre les attentes dans le but de bien répondre aux exigeances d’une tâche comme la mienne. Je crois que dans l’ensemble j’y arrive bien.
Cependant, ce qui est difficile à prévoir, c’est les imprévus. Ces événements qui sortent de nul part, ces gens qui nous arrivent avec des idées, des projets ou des initiatives qui la majorité du temps, ont des impacts sur notre horaire.
Alors que le Ministre de la défense Peter MacKay est à Kandahar, on nous a demandé d’aller shooter la partie de hockey balle qu’il disputera avec certains des joueurs de KAF. Encore KAF, encore les mêmes privilégiés qui en plus de ne pas sortir du camp, ont toutes les occasions de relations publiques à leur portée. Mais cette fois-ci, cela semble un peu différent, composition assez diversifiée. Comme cela fait partie de mon travail, je prépare mon équipement et je m’y rend.
Une partie de hockey bien ordinaire. Poignées de mains et autres salutations, les présentations, les...
Comme soldat, cette journée a une importance particulière, surtout depuis quelques années. Depuis que j’ai rejoint les rangs, il y a maintenant 20 ans, j’ai participé à toutes les parades du 11 novembre. Au début, je ne connaissais pas vraiment la signification profonde de cette journée. Oui nous rendons hommage aux vétérans. Mais qui sont-ils vraiment, qu’ont-il fait réellement. Peu de gens le savent. Une marque de respect pour des vieux qui ont fait la guerre.
Au fil des dernières années, nous avons été présents dans de nombreux pays. Je crois que le québécois moyen n’en a même aucune idée. Les implications sont passées sous silence en bien des occasions. Nous avons eu la Bosnie ou nous en avons entendus parler, surtout à cause des médias qui mettaient l’accent sur le coût de l’Opération Palladium de la Bosnie.
Maintenant, avec le conflit de l’Afghanistan, avec le nombre de soldats décédés au combat, le nombre incroyable de blessés dont on semble encore vouloir en cacher les chiffres, les canadiens se sentent un peu plus concernés. Au sein de la communauté militaire, les choses ont changées aussi. On ne parle plus d’aller prendre une bière avec les vieux de la Légion, on...
Eh bien, qui l’aurait crû. Me revoilà au Kandahar Provincial Reconstruction Team, ou ce que j’aime appeler affectueusement “le petit camp”. Cet endroit me rappele tant de souvenirs. Pourtant, à mon arrivée, j’ai eu de la misère à me situer. Si certaines choses en Afghanistan n’ont pas changées, je ne peux pas en dire de même pour le PRT. Les quelques mois qui me séparent de ma dernière venue ici ont réellement un impact sur ma vision de ce camp.
Mis à part que sa superficie a probablement doublée, je me rend compte que les infrastructures ont changées. Les fortifications intérieures ont été visiblement la priorité des derniers mois. Je regarde le nombre de blocs de ciments qui ont poussés partout, les édifices ont doublés. Je remarque aussi la présence de nombreux américains qui y logent maintenant. Autrefois, ils venaient en visite alors que maintenant, ils font partie du PRT.
Je crois que la plus grosse différence est le nombre de civils présents. Les divers représentants de toutes les strates du gouvernement, des divers ministères et agences, ont un rôle plus important. Du moins c’est ce que je constate. Je me demande quand même quel est leur impact réel sur...
Il n’y a rien de plus constant que le changement. À chacun des endroits que je visite, qu’il s’agisse de fortification militaire ou civile afghanne, je me rend compte que les gens veulent du changement. L’amélioration se son propre sort, sa propre vie. En collectivité, c’est aussi valable. On veut de meilleures installations sanitaires, de plus beaux aménagements, une meilleure organisation des ressources.
Alors que je me promène dans ces comtés, je me rends compte que ce que les gens veulent, c’est s’en sortir. Mais quel en est le prix. Je regarde combien les villes ou j’ai grandit ont changées; les champs ou j’allais faire du ski de fond sont maintenant rendus des développements urbains de luxe, les quartiers pauvres de Montréal ne sont plus ce qu’ils étaient. Je crois que c’est là ou l’Afghanistan diffère de chez nous. Notre culture est totalement différente. Je ne sais pas si je serais capable de l’expliquer avec des mots. Je crois qu’il faut vraiment le voir et le vivre pour comprendre.
Les petits villages afghans n’ont rien de pittoresques. Je me vois mal écrire un mot à ma douce, alors que je serais en train de visiter un coin de ce pays,...
Des fois, je me demande jusqu’à quel point on s’assure de quantifier la progression des petits villages de notre province. Me voilà à dire “notre” province. Ce n’est même plus vrai. Auparavant, les canadiens occupaient la province de Kandahar. Maintenant, avec l’arrivée massive des américains, nous n’occupons plus que quelques districts.
Malgré la diminution de notre territoire, nos activités ne sont pas moins nmbreuses pour autant. Nos trois fers de lance: la gouvernance, la sécurité, la reconstruction,sont toujours aussi présents. Aujourd’hui, j’accompagne l’équipe Construction Management Organisation. C’est une équipe d’ingénieurs qui aident la population du district à mieux structurer leurs infrastructures de base. Les ingénieurs rencontrent les responsables des divers projets de construction de routes, de creusage de puits, de travaux d’irrigation. Ici, pas question d’irriguer des champs d’opium comme il s’est fait dans le passé. Le District se veut un modèle afghan de réussite et les gens comptent bien que cela demeure ainsi. Je crois personnellement que le fait que l’ACDI injecte des millions dans ce territoire y est pour beaucoup aussi.
Afin que je me rends sur place, une fois de plus je me déplace à pied. Chaque fois que je marche sur ces...
Parmi les choses particulières que peuvent m’apporter monmétier, il y a l’interaction avec les afghans. Ce peuple si différent de nous par sa culture, sa mentalité, sa façon de vivre, me fait réfléchir sur mon style de vie. Combien au pays, je peux être choyé d’être entouré d’une bonne famille et de bons amis. Je prend conscience du luxe dans lequel nous vivons, notre mode de vie de consommation extrême, et je n’y échappe pas. Quand même que je le voudrais, c’est ainsi que notre société est faite.
Ce soir, j’ai eu la chance de manger avec le District Leader. Cet homme dans la mi-trentaine, tente d’imposer le respect et l’ordre dans sa partie de désert. Accueillant comme beaucoup d’afghans, il s’est empressé de nous offrir du thé et des biscuits secs afin que nous puissions être à l’aise, comme le veut la coutume. L’atmosphère enjouée me permet de relaxer des longues patrouilles conduites aujourd’hui. Quelques femmes de la police militaire et ma photographe font partie de la fête. Curieusement, on leur a offert un châle en guise de cadeau, de prix de présence,...
Notre liste d’épicerie est composée de plusieurs sujets. Je vais mettre beaucoup de temps à éditer des messages de voeux destinés aux familles des militaires déployés. Cela va impliquer que je me vais me promener pas mal. Je n’ai pas trop à me plaindre, nous sommes toujours bien reçus. Cependant, notre liste comprend bien d’autres sujets que les messages. Entre autre, nous voulons montrer à la population canadienne combien d’efforts sont mis en Afghanistan afin que les gens d’ici aient un meilleur style de vie.
Aujourd’hui, patrouille à pied. Lorsque mon major m’a annoncé la possibilité d’aller avec les gens de la Coopération Civilo-militaire (COCIM) et visiter le village de Sheykh Mhedy dans le district de Dand, j’étais emballé. Une patrouille à pied de plusieurs kilomètres allait nous ammener vers ce fameux “village model”, un de ces villages dont la population a réussit à rendre ses terres fertiles et systèmes d’irrigation fonctionnels. Une patrouille à pied. En y repensant, je crois que je n’ai même pas évalué ce que cela allait impliquer au niveau physique et mental.
Ma première patrouille. Le soleil plombe fort aujourd’hui...